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 Pamela Isley Ø Original Venom

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Pamela Isley
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Date d'inscription : 30/05/2017

MessageSujet: Pamela Isley Ø Original Venom   Mar 30 Mai - 14:49

• PAMELA LILLIAN ISLEY•

« Nature peut tout et fait tout »


❧ Document d'identité ☙

     ✕ Nom : Isley.
     ✕ Prénom(s) : Pamela Lillian.
     ✕ Alias : Poison Ivy.

     ✕ Âge :  27 ans.
     ✕ Date de naissance :  21 Juin 1974.
     ✕ Lieu de naissance : Seattle.
     ✕ Lieu de résidence : Gotham City.
     ✕ Nationalité : Américaine.

     ✕ Taille : 1m75.
     ✕ Poids: 61 kg.

     ✕ Situation : célibataire.
     ✕ Orientation sexuelle : hétérosexuelle.

     ✕ Métier : Botaniste, Chercheur.
     ✕ Alignement : neutre.
     ✕ Groupe souhaité : Citoyen (pour le moment :’) ).
     ✕ Avatar : Poison Ivy.
     

❧ Description ☙


Un bip sonore retentit, emplissant le couloir aseptique, et la porte lui est ouverte. De sa démarche fluide, féline, Pamela pénètre dans la prison de Gotham, ce nid de scélérats, cette fourmilière résiduelle d’humanité, cette fange bipède, cette lie criminelle. Sur son nez fin et délicat, de larges lunettes sombres dissimulent le vert lumineux de ses yeux, légèrement en amande, aux longs rideaux de cils. Sous un foulard sobrement noir, elle cache sa chevelure au roux flamboyant, au rouge inégalable, à la brillance sans pareille. Ses boucles rondes, si bien dessinées, auraient eu tôt fait d’attirer l’attention. Sur ses lèvres charnues, un peu de rose, pour leur donner juste ce qu’il faut de naturel. Les gardiens se pâment devant la créature qu’elle est devenue, s’affrontent de façon implicite pour déterminer lequel d’entre eux sera le plus serviable. Elle n’a plus besoin d’ampoules ou d’artifices pour créer cet effet. Tout ce qu’elle doit faire, c’est exhaler un peu de ses phéromones, un peu de son souffle parfumé, et elle obtient ce qu’elle désire. Elle, si longtemps dénigrée, avait désormais le pouvoir de plier la gente masculine à ses quatre volontés. Qui n’en abuserait pas ?

Cependant, il est moins là question de caprice que de vengeance. Elle ne Lui a jamais pardonné, et ne Lui pardonnerait jamais. Elle veut qu’Il souffre, qu’Il agonise longtemps. Elle allait se venger pour tout ce qu’Il lui avait fait, au nez et à la barbe de tous. Y compris de la Sienne. Ça fait tellement longtemps qu’Il ne l’a pas vue qu’Il ne la reconnaît pas quand elle s’assied, face à Lui, le sourire aux lèvres. Du reste, il n’a d’yeux que pour sa plastique. Le rond ferme et plein de ses fesses, la largesse idéalement proportionnée de ses hanches, le galbe généreux de sa poitrine, le plat de son ventre ou encore la longueur, la finesse délicate de ses jambes… Tout dans la silhouette de la femme qui Lui fait face l’attire comme un aimant. Tout, sauf son minois en cœur, pourtant fort joli. Quand il s’assied à son tour, il ne peut cacher l’appétit coupable qu’elle lui inspire. « Je ne m’attendais pas à avoir de la visite.. On se connaît ? » Sa voix est fébrile, trahit son impatience. Le sourire de la femme s’agrandit. « On s’est connus… » Sa voix est aussi douce que du velours, aussi sucrée que du miel. Pour Lui, elle n’a aucun besoin de phéromones, Il est enfermé depuis bien trop longtemps pour résister ne serait-ce qu’à sa présence. « Alors… Que puis-je faire pour vous ? » Et elle, que pouvait-elle faire pour Lui ? Les lippes pulpeuses de la pin-up s’étirent un peu plus tandis qu’elle se penche vers lui, l’air conspirateur. « Embrassez-moi… » L’invitation est trop claire pour être vraie. Il a un très léger mouvement de recul, peu convaincu d’avoir bien entendu. « P… Pardon ? » La femme sourit plus encore. « Vous n’en avez pas envie ? » Elle minaude. « Si… » Si, si il en a effroyablement, affreusement envie, mais il sent aussi un piège se refermer sur lui. Pendant une seconde, il hésite, il tente de calculer les tenants et aboutissants, de mesurer les risques, de savoir qui ou quoi… Il patauge. Rien ne germe dans son esprit, pas l’ébauche d’un indice. La seule chose à laquelle il pense, si tant est qu’il parvienne encore à penser, c’est à ces lippes qui l’appellent, à ses lèvres qui chantent pour les siennes et le supplient de s’en emparer… La lutte est de courte durée. Il cède, se jette presque sur la femme, apposant brutalement sa bouche contre la sienne. Son empressement ôte toute langueur, sa férocité tout plaisir. Mais le plaisir n’est pas ce que la femme recherche… Ce qu’elle veut, c’est la vengeance. Aussi, le baiser est très bref. Il dure assez pour Le laisser espérer, assez pour faire naître dans son cœur une petite étincelle de bonheur, assez pour qu’elle sente Son pouls s’accélérer, cavaler… Et s’achève quand elle le mord violemment. Il crie et, la lèvre en sang, recule. « Qu… Qu’est-ce qu… ? » Les cris ne tarderaient pas à alerter les gardiens, restés à l’extérieur. Doucement, ménageant son effet, Pamela ôte ses lunettes. « Alors, papa, tu ne reconnais même pas ta propre fille ? » L’enchaînement de l’expression de stupeur, supplée par l’incompréhension, et ensuite l’horreur est inestimable pour la jeune femme, qui en savoure chaque miette, chaque parcelle. « Tu vas payer pour ce que tu nous as fait, à maman et à moi… Et pas plus tard que maintenant. » Le sourire de la jeune femme devient mauvais, et s’étire largement quand, sous ses yeux, son père porte sa main sur son cœur. Il s’arrête, elle le sait. Quand il tombe à terre, elle crie, ce qui fait surgir les gardiens. Sans cérémonie, elle est reconduite à la sortie de la prison tandis que lui est descendu à l’infirmerie. Mais, et ça, Pamela le sait, quand il sera examiné, ils le déclareront mort d’une crise cardiaque. Mort, déjà ? Non… M. Isley, simplement maintenu en état de mort apparente, serait conscient tout le temps que durerait la préparation de ses obsèques. Conformément à sa volonté, il ne serait pas brûlé mais enterré et ce n’est qu’une fois six pieds sous terre que le poison cesserait son action. Il agoniserait longtemps, oscillant entre la peur et la démence, avant de mourir d’asphyxie. Dans le taxi, Pamela ne peut s’empêcher de rire. Aujourd’hui, son père… Demain, le reste de l’humanité.
***

Une équipe de policiers autour d’elle, Jane se sent intimidée. Son amie a disparu. On lui a appris que l’ambulance qui transportait Pamela, après qu’un accident se soit produit sur son lieu de travail, vers l’hôpital a eu un accident. Les hommes de loi ont retrouvé la voiture ensevelie sous le lierre et la végétation, comme si elle en était prisonnière depuis des années, alors que seulement soixante-douze heures s’étaient écoulées depuis leur départ du site de la Wayne Enterprise. « Nous n’accusons pas votre amie, Miss Lovelace, mais nous désirons comprendre. Miss Isley est toute seule perdue dans la nature à l’heure qu’il est… Plus le temps passe, plus nos chances de la retrouver saine et sauve s’amenuisent. Nous avons besoin que vous nous disiez tout ce que vous savez. » Compatissant, le commissaire lui tend un mouchoir. Jane, elle, renifle et esquisse un frêle sourire. « C’est assez paradoxal… Je suis certaine qu’être perdue dans la nature, elle adore ça… » Patient malgré les enjeux, son interlocuteur ne la presse pas, et la laisse reprendre toute seule. « Elle n’est pas mauvaise vous savez… Ça fait des années que je la connais, des années que nous sommes amies… Et on ne s’est jamais disputées pour un garçon. » La futilité de sa propre phrase la fait rire. Les enquêteurs ne voient pas l’intérêt de leur parler de ça, évidemment. Il n’y a qu’une femme pour mesurer l’ampleur d’une telle déclaration. « Elle ne m’a jamais laissée tomber… Je ne crois pas avoir d’amie plus loyale. On n’est pas toujours d’accord sur tout, loin de là, mais même quand on était en froid, elle ne m’a jamais laissée tomber. Elle a des principes, vous savez ? De grands principes. Des opinions très fortes, pour lesquelles elle se bat. Elle est bien plus courageuse que moi, compte-tenu… Compte-tenu de tout ce qui lui est arrivé… » Elle laisse sa phrase en suspens, mais trop tard. L’intérêt du commissaire est piqué. « Tout ce qui lui est arrivé ? Que voulez-vous dire ? » La tête de Jane s’enfonce dans ses épaules à l’entente de la question. Elle vient de gaffer… Mais non. Il ne s’agit pas d’universitaires ! C’est la police, les gentils ! Lentement, sa langue se délie. « Avec son père. Vous savez qu’il a tué sa mère, et l’a enterrée dans leur jardin, n’est-ce pas ? » Dans la pièce, l’un des policiers s’efface discrètement. Le commissaire, quant à lui, hoche la tête, répondant ainsi par l’affirmative. « Oui. Continuez. » Prenant sur elle, elle s’exécute. « Elle n’est pas très bavarde. Pas trop fêtarde non plus. Je ne me souviens pas l’avoir vue boire en soirée, sauf peut-être des Mojitos. C’est la seule boisson alcoolisée qu’elle adore… Dans le temps, elle était pas très tactile. Ça allait un peu mieux depuis quelques années, elle avait arrêté de montrer les crocs dès que quelqu’un faisait l’erreur de la toucher. Je crois qu’elle avait compris que… » Jane s’arrête, fronçant les sourcils. C’est vrai qu’elle n’y avait jamais pensé jusqu’à présent mais… « Que quoi ? » Elle lève des yeux éclairés vers le commissaire. « Qu’on obtient beaucoup plus et beaucoup plus vite par la séduction que par la force brute. » Cette déclaration laisse place à un silence un peu gêné. Aucun des hommes en présence n’est à même de contre-argumenter, et du reste ça n’est pas l’objectif, alors tous se taisent. « Vous savez… Elle ne ferait pas de mal à une mouche, mais elle a des idées qui sont… Très extrêmes, et très impopulaires, une logique bien à elle. » Jane fait une pause, rassemblant ses idées, organisant ses mots afin qu’ils ne sonnent pas trop incriminants, et se lance. « Pamela est pro-vie, pas pro-humanité, ce qui fait une grande différence. Elle est persuadée que l’homme peut vivre en symbiose, en paix avec son environnement, mais que pour cela, il doit arrêter de le détruire et accepter de faire des sacrifices. » Le silence est palpable. « Quel genre de sacrifices ? » Jane remue sur sa chaise, mal à l’aise. « Une grande partie de sa population… Pamela a développé des théories, des modèles entiers de façons de faire pour revenir à un plus grand équilibre entre la faune et la flore. Toutes vous les exposer me prendrait des heures… En tant que scientifique, je suis forcée d’adhérer à ses conclusions. En tant qu’être humain, elles ne peuvent que me révulser. » Le débit de Jane s’accélère, comme persuadée que, si elle le dit assez rapidement, ça rendrait le tout moins terrible à entendre. « Pamela disait régulièrement que l’humain creusait la tombe de la Vie au sens large. Pas seulement de lui-même, mais de toutes les espèces, animales ou végétales. Selon elle, nous détruisons tout et nous sommes en passe de faire disparaître la Vie telle que nous la connaissons. » Des rires nés d’un « Tintintin » peu discret font rire quelques policiers du fond, qui se glacent à l’œillade que lance le commissaire. Ils sont tous les trois exclus, permettant ainsi à celui disparu un peu plus tôt de revenir, murmurant quelques mots à son patron avant de reprendre sa place dans le fond de la salle. Quand le commissaire reprend, il n’a pas la moindre envie de rire. Son sérieux briserait des murs. « Miss Lovelace… Pensez-vous que Miss Isley pourrait tuer pour ses idéaux ? » A l’entente de cette question, Jane ouvre des yeux ronds de stupéfaction. « Non ! Je vous l’ai dit, elle ne ferait pas de mal à une mouche, elle n’a rien d’une terroriste ! S’il vous plaît… » Le reste est incohérent et inutilisable par le commissaire, qui charge deux de ses suppléants de prendre soin de la jeune femme pendant que lui retourne à son enquête. Cela ne lui procure aucun plaisir, mais il est bien obligé d’admettre que le parcours de Miss Isley n’a rien d’une promenade de santé…


❧ Capacités ☙


+ Expertise en botanique et en toxicologie,
+ Aptitude à manipuler les plantes, à les faire croître à grande vitesse
+ Immunité contre les toxines, les bactéries et les virus, les poisons (ceux du Scarecrow et du Joker compris)
+ Connexion mystique avec les plantes
+ Sécrète des phéromones à différentes visées
+ Créé elle-même de nouvelles toxines, de nouvelles plantes de façon régulière

- Ignorante de techniques de combat
- Faible sous fortes chaleur/aux flammes
- Idéaliste absolue


❧ Histoire ☙


Été 1980

« Lily, viens manger ! » L’appel est trop clair, trop audible, pour être ignoré. La gamine soupire, frotte ses mains l’une contre l’autre pour en faire tomber un maximum de terre, de poussière, et se redresse. Au moins, elle aura eu le temps de planter ses graines de tournesol avant le déjeuner. L’esprit léger face au lopin de terre fraîche qui lui fait face, elle tourne les talons et se met à courir jusque sa maison. Les pieds boueux, elle va en passer le seuil quand sa mère, armée d’une cuillère en bois et de son sempiternel tablier, surgit devant la porte, l’air sévère, stoppant net la gamine et son élan. « Tututututut… Où est-ce que tu crois aller comme ça, hum ? Chaussures, salopette. » Les grands yeux au vert nuancé de l’enfant d’environ six ans se lèvent, suppliants, vers ceux de sa mère. « Mais maman… J’ai faim ! » C’est un caprice, Mme Isley n’est pas dupe. Aussi ne cède-t-elle pas. « Chaussures, salopette. » répète-t-elle, avec plus de fermeté. Lily baisse les yeux et grommelle, mais s’exécute. Ses chaussures sont abandonnées à l’entrée, sa salopette dans la panière à linge sale, et mademoiselle se voit contrainte de se débarbouiller, à son grand déplaisir, avant de pouvoir s’asseoir à table pour manger. Naturellement, dans son assiette, tout est chaud à point, parce que les mamans ont ce genre de super pouvoir d’anticipation, et savent tout, de l’endroit où on a laissé son doudou à ce qu’il y a de mieux sur la terre. Un sourire fleurit sur les lèvres de l’enfant tandis qu’elle s’attable avec sa mère. Pendant le repas, les conversations vont bon train. Lily est toujours bavarde dès qu’il s’agit de ses activités de jardinage, et malgré l’interdiction de sa mère de retourner dans le jardin après manger, son débit ne se tarit pas. « Quand mes tournesols seront grands, je récupérerai les graines et… » Mme Isley l’interrompt, son index pointant la tranche de viande, intacte, dans l’assiette de sa fille. « Et tu mangeras ta viande. Oh mais attends… Tu ne dois pas attendre que tes tournesols soient grands pour ça, tu vas le faire, et tout de suite. » Le sourire sur les lippes de sa rouquine de fille se fane. « J’aime pas ça, c’est pas bon… » Mme Isley soupire. La plupart des enfants de son âge détestent les légumes et non la viande. C’est pour leur faire avaler un unique brocoli qu’il faut mener des batailles de l’ampleur de celle des Ardennes, pas pour les steaks. C’est une guerre quotidienne qu’elle mène, et qu’elle se sent perdre, à son grand dam. « C’est bon pour la santé pourtant. Qu’est-ce que tu n’aimes pas ? Le goût ? » Devant ses yeux du même vert trouble que celui de sa fille, cette dernière se tasse légèrement sur sa chaise. « Tout… J’aime pas le goût, j’aime pas le sang que ça laisse dans mon assiette… » Les yeux de la gamine commencent à briller, Mme Isley la voit s’agiter et sent la panique s’installer. Elle tend immédiatement les mains en signe de paix pour désamorcer la situation. « D’accord, d’accord… Laisse. » C’est une défaite, mais les mamans ont aussi ce super pouvoir de savoir discerner le caprice du vrai mal-être. S’estimant vaincue sur ce terrain, celle de Lily ôte son assiette de devant son nez. Son père la mangerait bien plus tard. En attendant, il est temps de faire amande honorable. Tourmentée à l’idée que sa jeune pousse souffre de carences faute de l’absence de l’apport de protéines apporté par une alimentation carnivore, elle se force tout de même à sourire et passe dans le dos de la chaise de sa fille, tentant vainement de discipliner sa tignasse rousse du bout des doigts. « Qu’est-ce que tu dirais qu’on aille au centre commercial, toutes les deux, cet après-midi et qu’on aille voir pour t’acheter quelques nouveaux habits ? » Complaisante, la gamine hoche doucement la tête. « D’accord. » Le silence naît alors, Mme Isley le mettant à profit pour commencer à débarrasser la table, jusqu’à ce que… « Dis maman, on pourra aller au jardin botanique ? »

***

Il n’est pas tard quand elles rentrent, ce soir-là. La photosensibilité dont souffre Lily les a contraintes à écouter leur visite au jardin botanique. Quand elles passent la porte, Mme Isley a les mains encombrées de sacs de toutes sortes, un large sourire cavalant sur ses lèvres, et Lily une glace à la vanille qu’elle lape avec tellement d’avidité que le bout de son nez a, lui aussi, droit à sa part. Le seul à ne pas sourire dans ce tableau des plus banaux est M. Isley, qui les accueille avec un regard froid et austère, toisant sa femme surtout de toute sa taille. « Où vous étiez ? » Le sourire de sa femme se gèle, et meurt. « Au centre commercial. » Elle lui montre les paquets, qu’elle pose négligemment sur le sofa. Extérieurement, elle est le calme incarné. Intérieurement, elle hurle. La peur naît dans le creux de son ventre, emprisonne ses entrailles, s’insinue partout en elle jusqu’à lui donner l’impression que son cerveau gèle à son tour. Elle sent l’orage qui s’annonce. « Lily, monte tout ça dans ta chambre et va te laver. Je t’appellerai quand le diner sera prêt. » La gamine, interpellée, lève les yeux vers la scène. Sa mère est mal à l’aise, son père a les sourcils froncés. Il est en colère, déduit-elle. Elle n’aime pas quand ça crie. Alors elle tend sa glace à sa mère « Tiens, j’en veux plus. », hausse les épaules et s’en va en trottinant.

A peine est-elle en haut des escaliers que la voix tonitruante de son père lui parvient. « OU EST-CE QUE VOUS ÉTIEZ ? JE T’AI DÉJÀ DIT QU’IL N’ÉTAIT PAS QUESTION QUE VOUS SORTIEZ SANS MOI ! AVEC QUEL ARGENT TU AS ACHETÉ TOUT CA, HEIN ?! » Lily se bouche les oreilles à en crever et court jusqu’à sa chambre dont elle fait claquer la porte. Les cris s’interrompent, remplacé par le bruit de quelqu’un qui monte les escaliers. Rapidement. Prise de panique, la gamine se réfugie sous son lit, se collant au mur. Ce sont les pieds de son père, élégamment habillées de chaussures italiennes, qui apparaissent sous ses yeux. Il avance jusqu’au milieu de sa chambre, sa fille planquant sa main contre sa bouche pour ne pas faire de bruit. « Pamela, viens ici. » Il ne reçoit pas d’autre réponse que celle de Mme Isley qui crie, d’en bas « Laisse-la tranquille ! Elle n’y est pour rien ! » Mais il ne l’entend pas de cette oreille. Il commence par regarder dans le dressing. N’y trouvant pas sa fille, il se met à genoux… Et croise son regard terrorisé. Ça ne l’émeut pas. Impitoyable, il l’attrape par le bras, indifférent aux cris qu’elle se met à pousser et aux pleurs qu’il déclenche en la traînant sur le parquet hors de sa cachette. Une fois dégagée, il la prend par les épaules et la secoue durement. « Qu’est-ce que j’ai dit à propos des portes ?! » Dure, sa main s’abat sur la joue de la petite fille, s’y imprime, la sonne. « Je te préviens… » Dans la confusion, ses oreilles bourdonnant à cause de la claque, elle n’entend pas l’avertissement. Elle voit cependant sa mère arriver en trombe et faire lâcher prise à son mari. La dispute et les cris redoublent alors, M. Isley se mettant à pousser sa femme jusque dans le couloir. Ils ferment la porte derrière eux, abandonnant leur fille terrorisée sur son lit, la mère croyant limiter les dégâts… Et puis les cris s’arrêtent. Lily n’entend plus rien que des bruits étouffés, un coup, une chute… Le silence, angoissant. Et puis quelqu’un dévale les escaliers. Sur la pointe des pieds, elle s’avance jusque sa porte, tend les doigts pour tourner la poignée…

Quand M. Isley ouvre brutalement sa porte, elle est recroquevillée sur son lit. « Tu es punie Pamela. Tu vas au lit sans manger. Si je te vois en bas ce soir, tu auras une fessée. » Sans ajouter un mot, il claque la porte. Toute la soirée durant, elle espère que sa mère finira par monter et lui apporter quelque chose à manger. Elle lui expliquerait alors qu’elle n’a pas fait exprès de claquer la porte. Mais Mme Isley ne se présente jamais. Au moins, ils ont arrêté de se disputer. Elle n’aime pas quand ses parents se disputent. C’est toujours de sa faute à elle en plus… C’est bien fait pour elle d’aller dormir le ventre vide, elle l’a bien mérité. Comme chaque soir quand elle va se coucher, Lily se promet d’être une meilleure petite fille pour que ses parents ne se disputent plus. Mais au matin, sa mère n’est pas là pour qu’elle lui annonce de vive voix sa bonne résolution. Il n’y a que son père qui lui a descendu du placard un paquet de céréales et sorti du frigo une bouteille de lait. « Elle est où maman ? » « Partie. » se contente-t-il de répondre, en nouant sa cravate. « Elle a dit qu’elle ne voulait plus vivre avec nous, qu’elle en avait assez de s’occuper de toi. Aujourd’hui, tu restes toute seule. Pas de bêtises sinon c’est la fessée. » Il n’ajoute rien et s’en va, la porte se fermant sur un courant d’air. Debout au milieu de la cuisine, Lily se met à pleurer. Elle n’avait plus sa maman, sa maman était partie. Elle était toute seule, sa maman n’était plus là. Qu’était-elle censée faire, sans sa maman ?
Dans le jardin, les tournesols poussent, tranquilles… Quelqu’un, pendant la nuit, leur a donné plus d’espace ainsi qu’un engrais d’une exceptionnelle qualité…

Avril 1994

« Tout va bien Pam ? » La question la fait lever le nez de son lait chaud, l’air un peu absent. Pendant une seconde, elle dévisage son amie sans vraiment la voir, avant de parvenir à reprendre pied sur la terre ferme, et de lui sourire. « Oui… Oui, excuse-moi. J’étais perdue dans mes pensées. Tu disais ? » De tous le campus, Jane est la seule personne à supporter ses discours enflammés et moralisateurs. Son amitié étant très précieuse pour Pamela, celle-ci se démène pour se tempérer un maximum, et ainsi la conserver… Ce qui passe par l’écoute de certains ragots et histoires chères à son amie, légèrement commère sur les bords. Le temps file, l’entrevue suit son cours. Quand elle touche à sa fin, Pamela en a appris plus qu’elle ne l’aurait voulu sur Brad et James, mais au moins, ce genre de conversation insipide et vide de sens lui donne l’impression d’être normale. « Tu viens avec moi à la fête de Charly ce soir ? » La fête de Charly… De Charly ou pas, toutes les fêtes sont les mêmes. Alcool à volonté, orgies et mauvaise musique. La rouquine retient ses commentaires de dogue et secoue simplement la tête en signe de négation. « Je ne peux pas, j’ai rendez-vous. » Aussitôt, les yeux de son amie se font aussi acérés que ceux d’un faucon. « Avec le professeur Woodrue, n’est-ce pas ? » Pam ne répond pas. Venir la chercher à l’hôpital avait été traumatique pour Jane. Assez pour qu’elle fasse tout son possible pour l’empêcher de retourner travailler avec lui… Alors la rouquine relève la tête, et sourit de toutes ses belles dents blanches. « Nope. » Pour être un bon menteur, il faut simplement convaincre tout le monde qu’on en est un mauvais, ce à quoi s’escrime Pamela depuis son arrivée. De ce fait, Jane se laisse prendre, et se détend instantanément. « Ah, tant mieux. Tu ne le vois plus hein ? » Pam vient de lui mentir une fois, elle n’est plus à ça près. « Non. C’est difficile de poursuivre mes recherches sans son expertise, mais je préfère faire sans. » Amicale, la main de sa comparse presse son épaule. « Tu fais bien. Comme ça, quand tu trouveras comment curer le cancer de façon naturelle, tu ne devras rien à personne. » Elles rient toutes les deux en quittant le café du campus, la rouquine ne ressentant aucun remord à l’idée d’avoir menti à sa seule et unique amie.

***

La main sûre, déjà experte, Pamela se branche la dernière des électrodes nécessaires à l’étude du professeur Woodrue et se glisse avec aisance dans le caisson de privation sensorielle. Quand Jason arrive, tout est déjà prêt, les machines branchés, installées, l’expérience n’a plus qu’à débuter. La porte qui s’ouvre et se referme signale sa présence dans le laboratoire de la faculté à la jeune femme, et, peu après, elle n’est pas surprise de voir sa tête apparaître au-dessus de la sienne. Sur sa bouche charnue naît un sourire candide, niais, mais rien n’aurait pu le lui retenir. « Bonsoir ma Lily. » Le charme que le professeur exerce sur elle est plus intense encore que la force gravitationnelle. Il est beau, mature, intelligent… Elle n’a d’yeux que pour lui, est prête à se damner pour les siens… Et se damnerait. « Sors de là une minute, je dois te montrer quelque chose. » Docile, la jeune femme s’exécute, s’emparant de la serviette de bain qu’il lui tend négligemment, et s’approche, invitée par lui. Sitôt est-elle hors du bassin que la main du professeur se referme sur son poignet, tel un étau, son sourire avenant se décomposant en grimace de franche colère. Pamela panique et tente de se débattre, son rythme cardiaque s’affolant, et affolant toutes les machines auxquelles elle est reliée. L’œil vicieux, le professeur Woodrow susurre alors « Tu as poursuivi tes expériences alors que je t’avais interdit de le faire… » Dans le vert lagune des yeux de la jeune femme tombe un voile de terreur. « Je peux tout t’expliquer… » La poigne de Jason sur son poignet s’intensifie, menaçant de le briser. « M’expliquer quoi ? Comment tu m’as désobéi ? Tu es contente de toi j’espère ? Le Doyen vient d’appeler la police… » La douleur lui fait naître les larmes aux yeux, et occulte son ouïe. N’importe quoi, pourvu qu’il lâche… Ce qu’il finit par faire, la repoussant sans douceur. « Ils sont en route pour venir t’arrêter. Habille-toi, vite. Et pas un mot sur notre petite affaire, sinon... » De toute sa taille, il la toise, elle, allongée au sol, prêt à la tourmenter de nouveau… Mais l’éclat et le son des gyrophares de police l’arrêtent. Quand les officiers de police entrent dans le laboratoire, elle est sagement occupée à observer une lame vierge au microscope. Ils lui passent les menottes, elle les suit sans résistance. Tout ce qu’elle dira pourra et sera retenu contre elle.

***

« Je suis contente que vous ayez accepté de me rencontrer, M. Trendt. » Face à la rouquine, séparé d’elle par les barreaux d’une cage à taille humaine, se tient un homme élégamment vêtu d’un costume italien, probablement hors de prix. Elle, ses cheveux sont défaits, cascades en boucles, en volutes de feu, sur ses épaules et même ses reins, ses vêtements de la veille. Mais elle est indemne, c’est le principal lui dira-t-on. « Je fais ça pour votre bien, Miss Isley… Pour que vous compreniez que ce que vous faîtes est mal… » Il est sincère dans sa démarche, de ça, Pamela n’en doute pas. Mais elle ne la respecte pas non plus. De plus, elle n’accepte pas d’être, elle, envoyée en cage pour si peu alors que les vrais criminels, les terribles, les dangereux, courent dehors en toute impunité. C’est vrai, c’est plus facile d’arrêter une jeune femme sans défenses qu’un homme armé. Courageuses, les forces de l’ordre. D’un pas lent, pour ne pas effrayer le Doyen de la faculté, la jeune femme s’approche des barreaux, les bras négligemment croisés sous sa poitrine. « Je comprends votre démarche, M. Trendt, mais… » Au creux de sa paume, elle brise une minuscule ampoule qui déverse alors son contenu dans sa main, main qui va ensuite se perdre dans son cou et sa nuque, sensuellement désinvolte. « Est-ce vraiment nécessaire d’en arriver à de telles extrémités… ? » Son ton est suave, chaud comme une caresse quand elle atteint les barreaux, auxquels elle s’accroche, ses iris au vert lumineux ancrés dans ceux du Doyen.

L’effet est pratiquement immédiat. De là où elle se trouve, proche, si proche, trop proche de lui, Pamela peut voir les pupilles de l’homme se dilater faiblement. Sa lèvre inférieure tremble, il hésite. M. Trendt est un homme de volonté, mais pas assez pour lutter durablement contre des phéromones concentrés. La jeune femme peut même dire à quel instant il rend les armes… Juste avant que ses yeux ne se ferment, et qu’il ne soupire en baissant la tête, en fait. « Vous avez peut-être raison… Attendez-moi ici. » Et il s’en va, sa sortie faisant fleurir un sourire satisfait sur les lippes de la captive, qui retourne s’asseoir tranquillement sur le lit de fortune fourni dans le kit « cellule ». Quand il reparaît, c’est flanqué de deux officiers de police, dont l’un s’empresse d’ouvrir la porte de sa geôle. « M. Trendt a retiré sa plainte. Vous êtes libre. » Ravie, Pamela quitte sa cage, raccompagnée jusqu’à la sortie autant des officiers, aux petits soins pour elle, que du Doyen qui propose galamment de la ramener sur le campus, offre qu’elle accepte avec une satisfaction sans égale. Et, vorace qu’elle est, elle ne rate pas l’occasion que lui offre ce petit tête-à-tête pour négocier les termes d’obtention de son diplôme…
Novembre 2001

« Monsieur Wayne, laissez-moi vous présenter l’une de nos plus brillantes collaboratrices, Miss Pamela Isley. » Elle se tient, droite, dans le laboratoire qui lui a été alloué sur l’un des nombreux sites de recherches de la Wayne Enterprise. Face à elle, vêtue d’une blouse, les cheveux strictement tirés en une queue de cheval austère et une paire de lunettes sur le nez, des hommes en costume, impeccables sur eux, et son collègue, unique personne à porter lui aussi une blouse. Invitée à le faire, elle serre la main de chacun des hommes et, ayant préparé son speach depuis des semaines, se lance avec aisance. « Comme vous l’a dit le Dr Hatake, je m’appelle Pamela Isley. Je suis bio-ingénieur, experte en botanique et en toxicologie. Mes sujets de recherche sont nombreux, ils consistent à… » Son discours est relativement court. Elle va à l’essentiel, explique de façon concise et avec des mots simples en quoi consiste son travail, les machines que la Wayne Enterprise met à sa disposition, pourquoi c’est important, et conclu. « … pour, à terme, développer des molécules capables de jouer sur le comportement. En gros, le but est de rendre les images subliminales obsolètes, de créer le même effet que le Xanax ou le Lexomil en faisant acheter les produits de la Wayne Enterprise au public, sans aucun de leurs effets néfastes. [/color][/b]» L’air tranquille, elle sourit. Son idée est bonne, elle le sait. Elle va porter le marketing à un tout autre niveau. C’est brillant. Elle est en passe de révolutionner l’industrie, tout ça pour le bien de sa société. Elle est… « Vous êtes folle. » La sentence tombe, telle un couperet, abrutissant Pamela, qui scille, trop abasourdie pour cesser de sourire. « Je vous demande pardon… Quoi ? » L’œillade que lui lance Bruce Wayne est sans appel, haineuse. « Vous êtes folle. Est-ce que vous mesurez les implications, les conséquences de vos actes ? » Les yeux de Pamela s’ouvrent de surprise. Elle répond, du tac au tac. « Bien sûr que oui ! Excusez-moi de vouloir faire mon travail en faisant prospérer votre entreprise ! » Pamela perd le contrôle de ses nerfs. Toute sa vie on l’a rabrouée, on a imposé des limites à son génie, on l’a enchaînée avec des notions aussi délétères et obsolètes dans le monde actuel que l’éthique. Elle en a assez. Elle ne laisserait pas ce magna de l’industrie la piétiner d’un coup talon. Ni lui, ni qui que ce soit. Ses yeux s’enflamment, ses poings se serrent. Elle affronte le calme de Bruce Wayne, et la défiance, voire la peur, des autres personnes en présence. « Ne me faîtes pas croire que vous êtes différent des autres industriels qui tiennent Gotham… Vous êtes tous les mêmes, exactement tous les mêmes, mais vous, vous êtes trop hypocrite pour l’avouer… » Sa tirade déclamée, elle ne laisse le temps à personne de réagir et se précipite sur son ordinateur, qu’elle jette au sol et piétine, le détruisant intégralement. Dans son dos, le Dr Hatake appelle la sécurité, mais elle s’en moque. Elle jusqu’à ce qu’ils arrivent, elle s’escrime à détruire tout ce qu’elle peut. Quand ils se présentent dans le laboratoire, elle s’arrête et présente ses paumes en signe de reddition. « Ça va, ça va…  Ne me faîtes pas de mal, je m’en vais… » Ils s’approchent tout de même, main sur la matraque, doucement. Ainsi acculée, ainsi menacée, Pamela se laisse happer par l’hystérie. Une lutte s’engage, on essaie de lui administrer un sédatif, qui reste sans effet, aucun. Dans la bagarre, personne ne fait attention, la mêlée finissant par se perdre au milieu des fioles qui contiennent les fruits des expériences de la scientifique. Peu délicats, les vigiles sévissent… Et brisent, dans la lutte, les fioles qui déversent la totalité de leur contenu sur Pamela, dont le cri qui en résulte les arrête net. Prise de panique, elle tente de se ventiler, tandis que les vigiles reculent, sous l’injonction du Dr Hatake. Les effluves des produits gagnent rapidement son nez, atteignent les poumons, le sang, le cerveau… Elle se sent happée, et sombre dans l’inconscience, s’écroule sur le linoléum froid et aseptisé du laboratoire, sous l’œillade sévère de Bruce Wayne et celle, médusée, de ses investisseurs.
Ouvrir les paupières lui demande trop d’efforts. On la croit inconsciente. Elle entend que tout le monde s’agite autour d’elle. En voilà des manières, juste parce qu’elle chute… Elle se sent lourde. A travers la ouate de son coma, elle entend des cris, des sirènes… On la porte. Non sens ! S’entend-t-elle hurler, puis perçoit-elle l’écho lointain, prisonnier de son crâne. « Je peux marcher… Je peux marcher… » Elle peut, selon elle. Elle veut. Et puis elle vole. Et puis on lui pose un masque sur le visage. Elle n’en veut pas, mais ses bras sont si lourds… Elle ne parvient pas à les bouger. Est-elle paralysée ? Près de son oreille, ça claque. Ca crie. On lui crie après. Elle veut juste dormir, dormir… Et puis on la serre. On l’enlace. « Maman… ? » Depuis combien de temps avait-elle perdu sa maman, exactement…

Elle flotte, repliée sur elle-même… Elle est bien. Elle a chaud. Elle se sent bien… Elle ne veut plus partir… Plus penser… La musique de l’écho de son propre cœur qui bat, si lentement, est une douce, une douce berceuse, la plus douce qui soit…

Un bruit de bris de verre la tire de sa léthargie. Ses yeux s’ouvrent et la découvrent prisonnière d’un cocon de verre, flottant dans un liquide d’un rose lumineux. La panique s’empare d’elle. La peur de la noyade fait s’engorger ses poumons de cette substance qu’elle ne connaît pas… Si elle n’est pas tirée de là très vite…

Le cocon se brise, rendant à la vie et à la nature la solution inconnue ainsi que Pamela, dont les jambes ne la portant plus, s’étale de tout son long, épuisée, au pied de ce qu’elle pense être un bourgeon de fleur. Elle tousse, tousse et tousse encore, recrachant ce qui s’était infiltré dans ses poumons, essayant de rassembler ses pensées… Elle lève les yeux. Où est-elle ? La végétation domine à cet endroit, c’est indéniable…

Il lui faut plusieurs longues minutes pour comprendre qu’elle se trouve dans une serre à l’abandon. Quand elle en sort, le spectacle de sons et lumières qu’est Gotham lui apparaît, de loin. Encore étourdie, elle prend quelques secondes pour l’observer, s’assied. Que faisait-elle là, toute seule ? Que s’était-il passé ? Autant de questions auxquelles elle chercherait des réponses, mais plus tard…


❧ Introduction ☙


Quand Jane ouvre la porte, la pièce est plongée dans le noir et son amie au fond de son lit. La respiration lente et calme qu’elle perçoit poindre du nem de couvertures qu’est Pamela l’informe qu’elle dort déjà. Un sourire doux aux lèvres, la jeune femme couve une dernière fois sa colocataire du regard, puis referme la porte. Ce soir, elle sort. De son côté, le boudin n’est pas en reste. Sitôt la porte de l’appartement fermée sur une Jane toute apprêtée, Pamela repousse ses couvertures et sort de son lit. Depuis son retour, son amie a une tendance à la protéger au-delà du raisonnable. C’en est au point qu’elle offre de poser des jours de congé pour pouvoir l’accompagner jusqu’à ses entretiens d’embauche. Cette promiscuité commence à lasser la botaniste, mais Jane étant sa dernière amie, du moins la dernière qui soit humaine, elle la garde sous une cloche de verre, bien à l’abri de ses humeurs belliqueuses, et surtout… En dehors de ses combats. En cette soirée nuageuse, les industriels de Gotham sont en passe de se découvrir un nouvel ennemi…

Les cheveux tirés en arrière et noués en un chignon strict, Pamela ne porte que des vêtements qui ne nuiront pas à ses mouvements. Quand elle quitte son lit, son cœur tambourine contre sa poitrine. C’est la première fois qu’elle fait ce genre de choses. Elle ignore si elle fait, si elle fera, ça bien. Le stress pointe le bout de son nez, l’adrénaline sature son système, lui faisant légèrement tourner la tête. Elle se sent tellement forte, tellement puissante… Comme si Mère Nature avait fait d’elle son chevalier, le leader de sa nouvelle armée, le bras destructeur de sa vengeance… Sobrement vêtue d’un pull, d’un pantalon près du corps et de petites tennis noires, elle ouvre sa fenêtre et se penche vers l’extérieur. Sous elle, vingt mètres d’à pic d’immeubles, et de fenêtres de voisins. Doucement, sans gestes brusques et en prenant d’infinies précautions, Pamela s’extirpe de sa chambre et se hisse, debout, sur la rambarde de sa fenêtre. Son cœur est sur le point d’exploser face au vide qui s’étend sous ses pieds. Elle ne doit pas trop réfléchir, ou elle se débinera. Alors elle ferme les yeux, et saute.

Le temps que dure la chute, une plante au bulbe à la taille sans pareille s’extirpe du sol, défonçant le goudron que les racines craquellent sur plusieurs mètres. Maternel, il accueille Pamela en son sein et disparait aussi vite qu’il était apparu, ne laissant qu’un trou béant dans le bitume de Gotham. C’est plusieurs dizaines de kilomètres plus loin qu’il renaît, florissant majestueusement pour relâcher sa créatrice, indemne, juste derrière le grillage d’Axis Chemicals, sa cible de la nuit. D’après ses recherches, les conditions de travail qui régissent cet endroit sont déplorables, de même que leur traitement des déchets. De façon tout à fait frauduleuse, la totalité de leurs produits chimiques est rejetée à l’égout, les fuites sont légions et grâce à Jane, elle avait appris que les intoxications aux vapeurs des employés étaient légions. Maintenant qu’elle l’a sous les yeux, aucun doute n’est possible. Ce site est insalubre, il doit être fermé. Pour le bien commun.

La chance de Pamela, c’est qu’aucun site de cet acabit ne s’attend à être attaqué, aussi les précautions sont minimes. Peu ou pas de caméras de sécurité, et toutes hors d’usage pour des raisons budgétaires. Ainsi, personne ne la voit s’approcher du bâtiment, ni âme qui vive ne s’aperçoit de la pousse rapide d’un lierre assez fort pour supporter le poids d’un homme. Dans l’ignorance générale, Pamela atteint les toits du bâtiment. Arrivée là, il est moins question de se précipiter que de calculer. Plus réfléchie qu’impulsive, la jeune femme commence tout d’abord par analyser la situation. Le but ? Trouver la faiblesse, le maillon faible qui, une fois brisé, déclenchera une réaction en chaîne impossible à arrêter. Après une petite heure d’observation, l’ébauche d’un plan commence à se dessiner dans l’esprit de la scientifique, qui s’assied simplement, en tailleur, et ferme les yeux.

Cet exercice n’ayant jamais été tenté, il accapare toute sa concentration. Du lierre qui l’a hissée jusqu’aux toits ne reste qu’un mince filin, dont elle conserve l’une des feuilles entre ses doigts. Par ce contact, elle parvient à se projeter, à faire grandir encore les racines de cette plante, jusqu’à atteindre la conduite des égouts. La suite est plus aisée. Elle n’a qu’à booster un peu plus la croissance des racines et du lierre, créant ainsi une occlusion hermétique au sein même de la conduite. Ceci fait, elle relâche la feuille et se redresse. Au moins, la contamination des eaux cesserait. A présent, elle n’a plus qu’à détruire la fabrique en elle-même, site et machines, bâtiment compris. Dans cette entreprise, il est inutile d’user de subtilité aux yeux de la botaniste, qui meurt aussi d’envie de tester l’étendue et les limites de ses nouveaux dons, jusque-là maîtrisés et utilisés avec parcimonie.

Pamela est fébrile. Ses doigts tremblent un peu quand ils se hissent pour libérer son épaisse toison rousse dans laquelle se sont perdues quelques feuilles de lierre. Si elle ôte ses vêtements, c’est pour arborer une combinaison noire au plus près du corps, de la verdure barrant sa poitrine. Il est temps pour elle de se faire connaître. Les yeux d’un vert lumineux, elle descend des toits de la même façon qu’elle y est montée, abandonnant les affaires sont elle ne se sert plus aux plantes qui les font disparaître, et se présente au milieu du parc industriel. La puissance coule dans ses veines, boostée par l’adrénaline qui fait briller ses yeux. Brutalement, ses bras s’élèvent. Le grondement est bref, annonciateur d’une catastrophe, trop rapidement sur eux pour laisser aux employés l’opportunité de réagir. De la terre surgissent des racines tentaculaires par dizaines, s’appropriant véhicules, grilles, brisant les unes, tordant les autres. Les portes de l’usine ne sont pas épargnées. D’abord fines, les plantes contrôlées par Pamela se glissent sous elles, les enlacent, et grossissant de façon exponentielles, finissent par appliquer toute leur force sur elles, les froissant comme un enfant froisserait un papier de bonbon.

Quand elles tombent, le bâtiment qui s’étend sous ses yeux a des airs de fourmilière dans laquelle on vient de donner un coup de pied. Les employés se sont mis à courir dans tous les sens, criant à l’apocalypse. En conquérante, Pamela pénètre cette forteresse tombée entre ses mains… Et, le sourire aux lèvres, entame son œuvre de destruction massive, indifférente à la souffrance humaine face à la revanche de Mère Nature…


❧ De l'autre côté du miroir ☙


    ✕ Pseudo : Je ne souhaite pas le communiquer.
    ✕ Fréquence de connexion : Aléatoire.
    ✕ Comment nous as-tu connu : Je viens de Gotham Chronicles .

    ✕ Âge :  Nope :’).
    ✕ As-tu des suggestions, des remarques  :  RàS.





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Nyssa Raatko
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MessageSujet: Re: Pamela Isley Ø Original Venom   Mar 30 Mai - 19:10
Bienvenue ici !

Qui que tu sois je suis contente que tu nous ait suivi sur DCHL 8D




Nyssa parle en #9F0010
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Tobias Cooper
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MessageSujet: Re: Pamela Isley Ø Original Venom   Mar 30 Mai - 19:40
Bienvenue parmi nous et ravi de retrouver quelqu'un de GC.
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Le Joker
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MessageSujet: Re: Pamela Isley Ø Original Venom   Mar 30 Mai - 23:16
Heureux de te revoir ! J'avais déjà validé cette fiche sur GC et je le refais ici, bons rps ! Very Happy
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Lex Luthor
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MessageSujet: Re: Pamela Isley Ø Original Venom   Mar 30 Mai - 23:23
Bienvenue ♥





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Dinah Laurel Lance
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✥ Lieu de naissance : Gotham
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✥ Situation : Célibataire
✥ Orientation sexuelle : Bisexuelle, tendance hétéro.

✥ Métier : Tenancière d'un bar à Park Row.
✥ Occupation : Chanteuse et coach personnel – arts martiaux.

✥ Particularités : Métahumaine, pratiquante d'arts martiaux divers et porte souvent une perruque blonde.
✥ Armes : Canary Cry Bombs et diverses armes asiatiques dont elle n'use que rarement, préférant se battre au corps à corps.


MessageSujet: Re: Pamela Isley Ø Original Venom   Mer 31 Mai - 0:03
Bienvenue, rouxette



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Pamela Isley Ø Original Venom

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